Bienvenue dans le monde de la vision des enfants!

Photo JPL-blogueDéfinitions  

Une commotion est un traumatisme crânien qui modifie la façon dont fonctionne le cerveau [1]. Les effets sont généralement temporaires, mais peuvent inclure des maux de tête et des problèmes de concentration, de mémoire, d’équilibre et de coordination.

Bien que les commotions cérébrales soient généralement causées par un coup à la tête, ils peuvent également se produire lorsque la tête et le haut du corps sont violemment secoués. Ces blessures peuvent entraîner une perte de conscience, mais pas dans la plupart des commotions cérébrales. Pour cette raison, certaines personnes qui ont eu une ou des commotions cérébrales ne le réalisent pas.

Concussion01Les commotions cérébrales sont fréquentes, en particulier pour les jeunes (et les adultes) qui pratiquent un sport de contact, comme le football. Mais toute commotion blesse le cerveau dans une certaine mesure. Cette blessure a besoin de temps et de repos pour guérir correctement. La plupart des lésions cérébrales traumatiques sont légères, et les gens se rétablissent généralement entièrement.

Les signes et symptômes d’une commotion cérébrale peuvent être subtils et peuvent ne pas se manifester immédiatement. Les symptômes peuvent durer des jours, des semaines ou même plus.

Les symptômes courants après une commotion cérébrale sont les maux de tête, la perte de mémoire (amnésie) et la confusion. L’amnésie, qui peut ou pas être une conséquence d’une perte de conscience, implique généralement la perte de mémoire de l’événement qui a provoqué le choc.

Le syndrome post-commotion cérébrale est un trouble complexe dans lequel divers symptômes tels que maux de tête et vertiges peuvent durer des semaines et parfois des mois après la blessure qui a causé la commotion cérébrale.

La commotion cérébrale est donc une lésion cérébrale traumatique légère, survenant généralement après un coup à la tête. La perte de conscience n’est pas nécessaire pour un diagnostic de commotion ou un syndrome post-commotion cérébrale. En fait, le risque de syndrome post-commotion cérébrale ne semble pas être associé à la gravité de la lésion initiale.

Chez la plupart des gens, les symptômes du syndrome post-commotion cérébrale se produisent dans les sept à 10 premiers jours et disparaissent dans les trois mois, mais ils peuvent persister pendant un an ou plus.

Capacités cognitives réduites avec une activité visuelle

Des déficits visuels-perceptuels peuvent être causés par les commotions cérébrales et ont des effets dramatiques sur la réussite scolaire et même athlétique. Vitesse réduite du traitement visuel ou temps de réaction La vitesse de traitement visuel peuvent ralentir chez un athlète à la fois sur et hors du terrain. La rapidité avec laquelle un athlète traite l’information visuelle affecte de nombreux aspects de la compétition sportive, y compris: la lecture du terrain de jeu, le jugement de la vitesse d’une balle en mouvement ou d’une rondelle, et le jugement de la vitesse des autres joueurs sur le terrain.

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Syndrome visuel post-traumatique, syndrome de déviation de la ligne médiane

Suite à un événement neurologique comme un traumatisme crânien [2], un accident vasculaire cérébral, la sclérose en plaques, la paralysie cérébrale, etc., il a été noté par les cliniciens que les personnes vont fréquemment se plaindre de problèmes visuels tels que voir les objets qui se déplacent alors qu’ils savent qu’ils sont immobiles, voir des mots qui s’entremêlent; et de vivre un flou intermittent. Des symptômes plus intéressants sont parfois signalés, notamment essayer de marcher sur un sol qui semble incliné et des difficultés importantes avec l’équilibre et l’orientation spatiale surtout quand ils sont dans des environnements avec de nombreuses personnes en mouvement.

Ce type de symptômes n’est pas rare. Souvent, les personnes qui rapportent ces symptômes aux professionnels de soins oculovisuels (optométristes et ophtalmologistes) se font dire que leurs problèmes ne sont pas à cause de leurs yeux et que leurs yeux semblent être en bonne santé. Ce qui est souvent négligé est la dysfonction du processus visuel provoquant l’un des deux syndromes: syndrome visuel post-traumatique (Post Trauma Vision Syndrome ou PTVS) et/ou le syndrome de déviation de la ligne médiane (Visual Midline Shift Syndrome ou VMSS).

Une recherche récente a documenté le PTVS en utilisant les  potentiels évoqués visuels (PEV) [3,4]. Cette documentation conclut que le processus visuel ambiant (système dorsal ou magnocellulaire) devient souvent dysfonctionnel après un événement neurologique tel qu’un traumatisme crânien ou un AVC. Ces personnes peuvent souvent avoir des symptômes visuels qui sont liés à une dysfonction entre l’une des deux voies visuelles: voie dorsale (occipito-pariétale ou vision ambiante ou la voie du «où») et voie ventrale (occipitotemporale ou voie focale ou la voie du «quoi»). Ces deux systèmes sont responsables de notre capacité à nous organiser dans l’espace pour l’équilibre et le mouvement, ainsi que de focaliser sur les détails comme la recherche d’un feu de circulation.

Le PTVS résulte quand il y a une dysfonction entre le processus dorsal et ventral qui fait en sorte que la personne insiste trop sur les détails. Essentiellement, les individus ayant un PTVS commencent à regarder des paragraphes comme des lettres isolées sur une page et ont une grande difficulté à organiser leur capacité de lecture. On a constaté aussi que l’utilisation de prismes et d’une occlusion binasale [5,6] peuvent effectivement démontrer une amélioration fonctionnelle, ceci étant également documenté par des études sur les ondes cérébrales et l’augmentation de l’amplitude (comme monter le volume d’une radio).

Le syndrome de déviation de la médiane visuelle résulte également d’une dysfonction du processus visuel dorsal. Il est causé par des distorsions du système spatial provoquant l’individu à mal percevoir sa position dans l’environnement spatial. Cela provoque un changement dans leur concept de leur ligne médiane visuelle perçue. Cela va causer souvent à la personne de se pencher d’un côté, vers l’avant ou vers l’arrière. Cela peut se produire fréquemment chez des personnes qui ont eu une hémiparésie (paralysie d’un côté suivant un TCC ou un AVC). En utilisant des prismes conjugués spécialement conçus, la ligne médiane est décalée à une position plus centrée permettant ainsi aux personnes de commencer fréquemment à porter leur poids sur leur côté affecté. Cela fonctionne très efficacement en conjonction avec l’ergothérapie pour tenter de réhabiliter le port du poids pour la marche.

Les symptômes du syndrome du décalage de la ligne médiane visuelle peuvent inclure:


• vertiges ou nausées

• désorientation spatiale
• se diriger toujours vers la droite ou vers la gauche le long d’un couloir
• problèmes de locomotion ou de posture comme se pencher en arrière sur les talons, vers l’avant, ou d’un côté lors marche, que ce soit debout ou assis dans un fauteuil
• perception inégale de la chaussée (inclinée ou étirée d’un
côté ou d’un autre)
• difficultés neuromotrices associées à l’équilibre, la coordination et la posture
La rééducation visuelle peut être très efficace dans le rétablissement de la fonction visuelle normale après une commotion cérébrale ou une blessure.

Heureusement, de nombreux problèmes visuels après une commotion cérébrale pourront se résoudre avec le repos et permettre au cerveau de guérir. Par contre, il subsiste de
nombreux problèmes même après des années, surtout en ce qui concerne la localisation spatiale. La rééducation visuelle, appelée aussi la réhabilitation neuro-optométrique, peut être très efficace dans les cas où des symptômes visuels persistent, même lorsque d’autres symptômes tels que les vertiges ou les troubles de l’équilibre sont résolus.

Problèmes de lecture et traumatismes crâniens

Concussion02Les problèmes de lecture peuvent se provenir de divers problèmes après un AVC ou une blessure ou coup à la tête. Il est crucial que le type de problème de lecture soit diagnostiqué. Les problèmes peuvent se produire individuellement ou faire partie d’une constellation de problèmes liés au PTVS. Le traitement des PTVS par diverses interventions de réadaptation neuro-optométrique peut résoudre bon nombre des problèmes.

Source : Lagacé JP. Les commotions cérébrales et la vision – généralités. Revue L’Optométriste – Volume 37 No 2, Mars-avril 2015.

Références:

1. http://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/concussion/basics/
definition/con-20019272
2. https ://nora.cc/for-patients-mainmenu-34/post-trauma-visionsyndrome-mainmenu-74.html
3. Padula WV, Argyris S, Ray J. Visual evoked potentials (VEP)
evaluating treatment for post-trauma vision syndrome (PTVS) in
patients with traumatic brain injuries (TBI). Brain Inj. 1994 FebMar;8(2):125-33.
4. Padula WV, Argyris S. Post trauma vision syndrome and visual
midline shift syndrome. NeuroRehabilitation. 1996;6(3):165-71.
5. Ciuffreda KJ, Yadav NK, Ludlam DP. Effect of binasal occlusion
(BNO) on the visual-evoked potential (VEP) in mild traumatic
brain injury (mTBI). Brain Inj. 2013;27(1):41-7.
6. Yadav NK, Ciuffreda KJ.Effect of binasal occlusion (BNO) and
base-in prisms on the visual-evoked potential (VEP) in mild traumatic brain injury (mTBI). Brain Inj. 2014;28(12):1568-80.

Photo JPL-blogueNote: après vous avoir entretenu principalement des problèmes visuels liés à l’apprentissage scolaire et de la myopie, je débute un nouveau sujet (après un an d’absence – pour terminer l’écriture d’un livre pour les optométristes) dont on parle de plus en plus : les traumatismes crânio-cérébraux (légers, modérés ou sévères) chez les enfants.

Ces coups à la tête entraînent une multitude de symptômes dont des déficits sensoriels qui touchent, entre autres, la vision et la perception. En ce qui concerne ces deux aspects, souvent les symptômes passent inaperçus ou les gens ne prennent pas conscience ou simplement oublient que beaucoup de ces plaintes concernent les aspects visuel-perceptuels.

La rééducation visuelle peut être non seulement pratique et efficace, mais parfois essentielle afin d’améliorer comment la personne va fonctionner dans son espace. Après l’évaluation, l’examen et la consultation, l’optométriste détermine comment une personne traite l’information après une blessure et où les forces et les faiblesses de cette personne se trouvent. L’optométriste prescrit alors un régime de traitement comportant des lentilles, des prismes et des activités spécifiques visant à améliorer le contrôle du système visuel à accroître l’efficacité de la vision. Cela peut aider à soutenir de nombreuses autres activités dans la vie quotidienne.

Un traumatisme crânio-cérébral (ou craniocérébral) léger (TCCL), aussi appelé «commotion cérébrale», est une perturbation dans le fonctionnement du cerveau qui peut être causée par un coup à la tête, à la mâchoire, au visage, au cou ou au corps.

Les troubles qui en résultent peuvent concerner toutes les fonctions cérébrales – la conscience, la motricité, le langage, le comportement, le caractère et les fonctions cognitives et, chez l’enfant, altérer les capacités d’apprentissage ultérieures. (1)

Les accidents de la route, les accidents domestiques (défenestration…), les accidents de sport (ski, vélo, équitation…), et les actes de violence (syndrome du bébé secoué, agressions…) constituent les principales causes de traumatisme crânien de l’enfant. (1)

Signes et symptômes communs d’un TCCL

  • maux de tête
  • nausées et vomissements
  • étourdissements
  • perte de conscience
  • sentir étourdi et confus
  • la perte de mémoire
  • le manque d’équilibre ou de coordination
  • somnolence
  • irritabilité
  • agitation
  • fatigue

Les signes et symptômes suivant un TCCL durent habituellement 1 – 3 semaines mais peuvent parfois durer plus longtemps. On rapporte fréquemment les symptômes suivants : maux de tête, étourdissements, nausées, troubles du sommeil, de la fatigue généralisée, de l’irritabilité et l’agitation, la sensibilité à la lumière, au son et au mouvement, troubles de la mémoire, de la concentration, d’attention, de jugement ou de l’équilibre.

Nous verrons plus tard que les symptômes peuvent, de fait, durer beaucoup plus longtemps qu’on puisse l’imaginer…

(1) http://www.integrascol.fr/fichemaladie.php?id=68

Photo JPL-blogueDans un autre ordre d’idée, des scientifiques britanniques ont lancé une importante étude commandée par le gouvernement sur les effets de l’utilisation des téléphones mobiles sur les cerveaux en développement des enfants.

Environ 2 500 enfants de Londres seront examinés à l’âge de 11 et 12 ans, puis à nouveau deux ans plus tard, pour évaluer comment leurs capacités cognitives se développent en fonction de leur utilisation des téléphones et autres technologies sans fil.

blogue - fillette-iPhone

Source : http://cypressinternalmedicine.com/wp-content/uploads/2011/11/photo-1.jpg

Le professeur Patrick Haggard, directeur adjoint de l’Institut des neurosciences cognitives à l’University College de Londres, a déclaré qu’il s’agissait «de la plus grande étude avec suivi dans son genre dans le monde des adolescents».

L’Organisation mondiale de la Santé affirme qu’il n’y a pas de preuve convaincante que les téléphones mobiles affectent la santé, mais les données existantes remontent à environ 15 ans.

Dans cette étude, les enfants vont entreprendre des tâches informatiques en de classe pour mesurer les capacités cognitives telles que la mémoire et l’attention.

«La cognition consiste à comment nous pensons, comment nous prenons des décisions et la façon dont nous traitons et rappelons en mémoire l’information», a déclaré le Dr Mireille Toledano de l’Imperial College de Londres, le chercheur principal de l’étude.

Les participants et leurs parents répondront également à un questionnaire sur la façon dont ils utilisent les téléphones mobiles et autres appareils, et d’autres aspects de leur mode de vie.

On estime que 70 pour cent de tous les enfants de 11 ou  12 ans en Grande-Bretagne possèdent maintenant un téléphone mobile, et jusqu’à 90 pour cent vers l’âge de 14 ans, selon les chercheurs.

L’étude SCAMP (Study of Cognition, Adolescents and Mobile Phones ) est réalisée par l’Imperial College de Londres, à la demande du ministère de la Santé britannique.

Des lettres ont été envoyées aux 160 écoles différentes, les invitant à inscrire les élèves, et les tests commenceront au début de la nouvelle année scolaire en septembre.

L’Imperial College est déjà impliquée dans une étude internationale distincte, appelée Cosmos, concernant les effets possibles des téléphones mobiles sur la santé à long terme chez 290 000 adultes dans cinq pays européens.

Souce: http://www.ctvnews.ca/health/british-study-examines-mobile-phone-effects-on-children-1.1831374#ixzz32pyl97Jl

Photo JPL-blogueSource : http://www.practiceupdate.com/journalscan/9378

Dans une population d’enfants coréens de 5e et 6e année scolaire (âgés entre 9 et 11 ans), les chercheurs ont comparé les symptômes et l’utilisation de l’ordinateur chez les enfants souffrant de yeux secs (9,7%, tel que déterminé par l’examen des yeux) avec des enfants sans cette condition. On a montré que les facteurs de risque pour les yeux secs dans cette population étaient surtout liés à l’utilisation des téléphones intelligents ou appareils de musique (style iPod), y compris la durée moyenne d’utilisation, tel que rapporté par questionnaire, que soit l’ordinateur ou la télévision.

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Photo de Thomas PLESSIS (T.P Photographie)
Avec permission
http://www.thomas-plessis.com

 

Les auteurs rappellent de garder en tête la possibilité d’une condition d’œil sec, qui semble être liée à l’utilisation accrue des téléphones intelligents et autres, dans cette population.

Il n’est pas rare pour des enfants entre les âges de 9 et 11 ans de montrer des signes potentiels de sécheresse oculaire, qui pourraient inclure un clignement fréquent. Les parents des enfants de cette tranche d’âge peuvent aussi remarquer des clignements fréquents et insistants qui peuvent être associés à des tics ou un clignement spasmodique à cause du stress ou de l’anxiété.

Les auteurs fournissent des preuves que certains des signes et des symptômes d’inconfort oculaire ou visuel peut être associés à la sécheresse des yeux. L’important à retenir est la possibilité de corrélation ou de causalité parce que le taux des signes de sécheresse oculaire était significativement plus élevé chez les enfants ayant une utilisation plus importante de leur appareil. Les auteurs notent que d’autres facteurs visuels ont été signalés comme potentiellement associés à l’utilisation de ces téléphones ou tablettes, tels que les questions de focalisation et de myopie transitoire qui peut devenir permanente. Parce que les yeux secs étaient moins bien reconnus comme un problème potentiel dans cette tranche d’âge, il faut considérer examiner les yeux dans ce sens et établit un diagnostic différentiel des troubles visuels et oculaires chez l’enfant.

Deux cent quatre-vingt-huit enfants ont été classés soit dans le des yeux secs ou dans un groupe témoin selon les critères de diagnostic de la maladie. Les résultats des examens oculaires, y compris la meilleure acuité visuelle corrigée, l’examen à la lampe à fente, et le temps de rupture des larmes, ont été comparés entre les groupes. Les résultats de questionnaires concernant l’utilisation d’un ordinateur et les symptômes oculaires ont également été comparés.

Vingt-huit enfants ont été inclus dans le groupe des yeux secs et 260 enfants ont été inclus dans le groupe témoin. Le sexe et la meilleure acuité visuelle corrigée n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes. L’utilisation d’un téléphone intelligent était plus fréquente dans le groupe des yeux secs (71 %) que dans le groupe témoins (50 %) (P = 0,036). La durée quotidienne d’utilisation des téléphones et la durée totale d’utilisation de tablettes vidéo ont été associées à un risque accru pour les yeux secs (P = 0,027 et 0,001, respectivement), mais la durée d’utilisation de l’ordinateur et de la télévision n’a pas augmenté le risque (P = 0,677 et 0,052, respectivement).

Les résultats ont donc montré que l’utilisation du téléphone intelligent est un facteur de risque important pour les yeux secs chez les enfants. Les parents devraient réglementer, observer et faire usage de prudence lorsque les enfants utilisent de tels appareils.

Source de l’étude: JH Moon, MY  Lee, NJ Moon. Association Between Video Display Terminal Use and Dry Eye Disease in School Children. J Pediatr Ophthalmol Strabismus 2014 Mar 01;51(2)87-92.

 Photo JPL-blogueComment votre enfant devrait utiliser tout appareil vidéo de sorte que cela ne ruine pas  (complètement) sa vision

Source : http://www.marketwatch.com/story/dont-give-up-your-eyes-for-an-iphone-2013-08-23

Passer la moitié de la journée à regarder un écran de 10 cm (4 pouces) peut faire apparaître ou augmenter rapidement une myopie, suggère une nouvelle recherche – et les appareils ne sont pas tant à blâmer que la façon dont nous les tenons.

David Allamby, un ophtalmologiste et fondateur des Focus Clinic à Londres, a récemment inventé le terme de «myopie d’écran» et a souligné que, selon ses recherches, il ya eu une augmentation de 35 % du nombre de personnes dont la myopie a progressé depuis les téléphones intelligents lancés en 1997.

Allamby s’inquiète que notre utilisation des dispositifs portatifs puissent faire augmenter les cas de myopie chez les enfants d’un autre 50 % en dix ans!

 Enfant iPhone

Source: http://www.loupiote.com/photos/5391333755.shtml

La myopie touche déjà plus de 30 % de la population des États-Unis et plus de 80 % en Asie. La cause majeure de la progression de la myopie est le stress causé aux yeux par la lecture ou la concentration visuelle sur des tâches visuelle de près.

Le fait d’utiliser un téléphone intelligent, tablette ou tout autre appareil de jeux vidéo de dimension réduite peut sembler similaire à  lecture d’un livre ou au fait de regarder un écran d’ordinateur, mais il y a une exception importante – la distance entre l’œil et l’appareil. Quand un téléphone ou un autre appareil est maintenu près du visage, cela oblige les yeux à travailler plus fort que d’habitude pour se concentrer sur le texte, dit Mark Rosenfield, optométriste. L’inconfort peut éventuellement entraîner de la fatigue.

Les gens ont tendance à tenir leur appareil considérablement plus près de leurs visages qu’ils ne le font avec  un livre ou un journal, même plus près que 17 à 20 cm, affirme Rosenfield. Et puisque ces appareils ont un si petit écran, la quantité de stress visuel a tendance à être plus élevée que pour les autres appareils.

Même le fait de tenir l’appareil plus loin tout en l’utilisant le même nombre d’heures, n’empêchera pas nécessairement l’apparition ou la progression de la myopie. Mais le fait de tenir le téléphone ou le jeu vidéo à au moins 40 centimètres des yeux peut être bénéfique, dit Rosenfield.

On suggère également de prendre des pauses. Pendant ces pauses, il est utile de regarder au loin ou de faire autre chose que du travail de près. Cela détend la focalisation des yeux.

On peut tenter de limiter soit l’apparition ou la progression de la myopie chez les jeunes enfants en limitant l’utilisation du téléphone intelligent, des jeux vidéo ou l’utilisation de la tablette, disent les professionnels. Passer des heures à jouer à des jeux ou autres tout en fixant attentivement l’affichage d’un écran provoque un stress visuel important pour les yeux des enfants pendant de longues périodes. Et à ceci, souvent s’ajoutent la lecture et les tâches scolaires!  Les enfants devraient être encouragés à s’engager dans une variété d’activités avec une focalisation de près et de loin.

 

 

Photo JPL-blogueDans une nouvelle étude de la clinique Mayo, des chercheurs ont examiné les composantes de la lecture afin de voir si l’entraînement des mouvements oculaires à l’école pouvait conduire à une meilleure fluence de la lecture.

La fluence de lecture est définie comme la capacité à lire avec aisance, rapidement, sans erreurs et avec une bonne intonation.

Les saccades ou mouvements oculaires rapides sont nécessaires pour une lecture efficace. Des études antérieures ont montré que la capacité à effectuer des tâches complexes telles que les saccades ne sont pas pleinement développées à l’âge où les enfants commencent à apprendre à lire. Les mouvements oculaires chez les enfants plus jeunes sont imprécis, d’où la nécessité pour les yeux à souvent relire le texte, conduisant à un problème de performance. Ces mouvements imprécis ralentissent la vitesse de lecture et conduisent à une mauvaise maîtrise de la lecture et peuvent affecter la compréhension en lecture et le rendement scolaire.

«Il y a des études qui montrent que 34 pour cent des élèves de troisième année ne sont pas encore compétents en lecture, et si vous n’êtes pas compétent en lecture dès la troisième ou quatrième année il ya une probabilité quatre fois plus élevée que vous décrochiez de l’école», dit Amaal Starling, MD, neurologue de la Mayo Clinic et co-auteur de l’étude publiée dans Clinical Pediatrics.

Le Dr Starling affirme que le but de la nouvelle étude avait pour but de déterminer l’effet de six semaines d’entraînement en classe en utilisant un logiciel (King-Devick) qui tente d’améliorer la fluidité de lecture. Ce logiciel permet aux gens de pratiquer à nommer rapidement des chiffres rapide tout en nécessitant des mouvements oculaires dans une orientation de gauche à droite. Il enseigne à mieux maîtriser les mouvements de la lecture.

Dans cette étude, des instructions normalisées ont été utilisées, et on a demandé aux participants du groupe traité de lire les nombres aléatoires de gauche à droite à des vitesses variables sans faire d’erreur. Le protocole de traitement a consisté en des séances d’entraînement individuelles de 20 minutes, trois jours par semaine pendant six semaines, pour un total de six heures d’activités.

Des nombres aléatoires sont présentés à des vitesses variables de gauche à droite et les participants doivent lire les chiffres le plus rapidement possible.


Exemples du test de King-Devick pour les mouvements oculaires

(Image retirée à la demande de la compagnie)

 

Les élèves du groupe de traitement ont eu des scores significativement plus élevés en fluidité de lecture après le traitement et les scores post-traitement étaient significativement plus élevés par rapport au groupe témoin. Après un an de suivi, les scores de lecture de fluidité étaient toujours  significativement plus élevés.

« Les résultats de cette étude pilote suggèrent que le logiciel d’assainissement King-Devick peut être efficace pour améliorer significativement la fluidité en lecture par la pratique rigoureuse des mouvements oculaires, » explique le Dr Starling. «Ce que notre étude a également constaté c’est qu’il y avait une amélioration encore plus grande entre la première et la troisième année par rapport à la troisième et quatrième année, ce qui signifie qu’il peut y avoir une période d’apprentissage critique qui déterminera la compétence en lecture. »

«Les résultats de cette étude suggèrent aussi qu’une intervention précoce (dès la première année) avec un entraînement simple des mouvements oculaires pourrait permettre une amélioration durable de la capacité à lire», explique Craig H. Smith, MD, neuro-ophtalmologiste, et conseiller principal, la Fondation Bill et Melinda Gates, et un des co-auteurs de l’étude.

Les auteurs émettent l’hypothèse que cette amélioration de la fluidité de la lecture est le résultat d’une pratique rigoureuse des mouvements oculaires et de l’amélioration de l’attention visuo-spatiale, qui sont essentiels à une lecture efficace.

Commentaires:

Les activités d’entraînement par ordinateur amènent sans doute des améliorations, du moins en ce qui concerne les mouvements oculaires, mais une rééducation visuelle effectuée dans l’espace réel est sans doute beaucoup plus efficace.

De plus, la reconnaissance par la médecine (ou du moins du groupe de médecins qui ont participé à cette étude) de l’efficacité des activités de rééducation visuelle constitue un grand pas pour l’optométrie.

Ceux qui contestent le lien entre la vision et la performance scolaire doivent examiner et changer ces croyances erronées de façon critique. Nous ne pouvons pas permettre de laisser des opinions dogmatiques sans fondement, des animosités professionnelles et des agendas politiques empêcher nos enfants d’atteindre une vision unique, claire, confortable et binoculaire tout en atteignant leur plus haut niveau académique possible.

Oui, il ya un lien entre la vision et l’apprentissage. Et oui, la thérapie de vision améliore le rendement scolaire.

Source: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24790022

Photo JPL-blogueDécidément, les études concernant la myopie et la vitamine D ou les activités passées à l’extérieur ne cessent d’affluer!

Les résultats d’une étude portant sur 2 000 élèves de première année ont incité les chercheurs à suggérer qu’obligatoirement les enfants puissent passer plus de temps à l’extérieur pendant les heures d’école.

Ian G. Morgan, PhD, de l’École de recherche en biologie de l’Université nationale australienne, à Canberra, et au centre ophtalmique de Zhongshan ophtalmique de l’université de Sun Yat-sen, à Guangzhou, en Chine, a rapporté les résultats d’une étude longitudinale sur les activités à l’extérieur.

«La prévalence de la myopie en Asie de l’Est a augmenté de façon spectaculaire au cours des 50 dernières années, et une augmentation plus lente a été observée en Europe et en Amérique du Nord», a déclaré Morgan dans sa présentation.

La prévalence de la myopie élevée, myopie d’au moins 6 dioptries, est de 20 % en Asie de l’Est, a t-il dit, et la prévention est essentielle.

Les chercheurs ont recruté plus de 2000 étudiants de première année dans 12 écoles primaires de Guangzhou. L’école avait été impliquée dans des études précédentes, ainsi les dossiers d’évaluation de l’acuité visuelle remontent depuis les 20 dernières années pour les enfants de cette école, dit Morgan.

Une classe de 45 minutes d’activité en plein air a été ajouté à la fin de la journée, et les enfants du groupe témoin entraient chez eux à l’heure normale, a t-il dit.

Au cours de la période de 3 ans qu’a duré l’étude, la myopie cumulative était de 39,5 % dans le groupe témoin et de 30,4 % dans le groupe avec les activités extérieures, une réduction de 23%, selon le résumé de l’étude.

L’étude semble indiquer que, en augmentant la quantité de temps à l’extérieur, les chercheurs ont réussi à abaisser le niveau d’incidence de la myopie et de la prévalence de la myopie.

«Par conséquent, nous recommandons que des programmes de contrôle de la myopie tiennent compte de l’augmentation du temps à l’extérieur dans les écoles primaires, au moins dans les pays où les taux de prévalence sont actuellement élevés pour la myopie» disent les chercheurs.

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Morgan pose une question cruciale : «Comment expliquer ces résultats : est-ce l’exposition à la lumière et une libération accrue de dopamine avec les activités à l’extérieur, ou est-ce l’augmentation de l’exposition aux rayons UV à l’extérieur? Les données provenant d’études animales favorisent l’hypothèse de la lumière et de la dopamine, mais un essai clinique concernant la vitamine D doit être fait».

Source:

http://www.healio.com/optometry/optics/news/online/%7B5f21032e-c14c-4e33-96c2-345d7beaa63a%7D/researchers-recommend-increasing-time-spent-outdoors-during-school