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Recherches: lien possible entre l’insuffisance de convergence et les problèmes de déficit de l’attention (TDA/H), est-ce la réponse à tout?

La convergence

La convergence est le mouvement que font les deux yeux lorsque, par exemple, nous approchons un objet des yeux. Les deux yeux font un mouvement vers l’intérieur et regardent au même endroit dans l’espace.

L’insuffisance de convergence est une difficulté qu’ont les yeux à s’orienter, à s’approcher l’un de l’autre,  de plus en plus près du visage. Lorsque la convergence est insuffisante, l’enfant peut souffrir de fatigue visuelle ou même de vision double, dépendant de l’ampleur du problème.

En fait, le test de convergence est plutôt simple à administrer. On demande à l’enfant de regarder une cible (lampe de poche, bout d’un crayon, par exemple) qui est située à la hauteur des yeux. On approche la cible vers les yeux (qui vont converger) jusqu’à ce que soit 1) rapporte une vision double ou 2) qu’on observe qu’un des yeux lâche la fixation ou se dirige vers l’extérieur. On note la distance à laquelle se produit un des deux phénomènes. Cette portion du test s’appelle le «point de bris de la fixation». La distance normale est d’environ 5 cm (2 pouces). En deçà de cette distance, les yeux ne peuvent plus converger.

Une cible est approchée des yeux jusqu’au bris de la convergence. Puis, la cible est éloignée  jusqu’à ce que les deux yeux reprennent la fixation.

La deuxième partie du test est de mesurer le point de recouvrement de la convergence: une fois le point de bris atteint, on recule simplement la cible lentement jusqu’à ce que l’on observe de nouveau une convergence des deux yeux vers la cible. La distance normale du point de recouvrement est d’environ 10 cm (4 pouces) (voir figure suivante). Bien sûr, le test requiert une certaine pratique.

On note le résultat du test de la façon suivante:
Test de convergence: 8 cm / 20 cm (dist. bris/dist. recouvrement)

Lien possible entre convergence et TDA/H

Un article publié dans la littérature scientifique en 2005 a créée de nombreux remous qui perdurent encore. On a vu que le diagnostic de TDA ou de TDAH s’effectue principalement par questionnaire et qu’il n’existe pas de tests objectifs pour en faire le diagnostic. Or en 2005, une première recherche a montré un lien possible entre l’insuffisance de convergence et le déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Le début d’un temps nouveau?

De plus, ce lien a été découvert par des chercheurs en ophtalmologie de l’Université de Californie, à San Diego. «Il s’agit du premier rapport sur le lien potentiel entre ces deux troubles», affirme le Dr David B. Granet (ophtalmologiste au UCSD Shiley Eye Center)

L’étude a montré que «les enfants avec une insuffisance de convergence ont trois fois plus de chances d’être diagnostiqués avec un TDAH que les autres». ]. Mais nous reviendrons sur cette étude et d’autres…

Études scientifiques

Revenons maintenant à l’étude du Dr Granet et de son équipe. Cette étude affirme que les enfants en cours d’évaluation pour déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ont souvent un examen visuel dans le cadre de leur évaluation et que l’insuffisance de convergence (IC), peut causer des difficultés à un élève de se concentrer sur une lecture prolongée et que ces symptômes peuvent ressembler à ceux du TDAH. Affirmation assez surprenante de la part d’un ophtalmologiste quand on sait que ces médecins se préoccupent rarement de tels problèmes.

Ils ont effectué une étude rétrospective de 266 patients atteints d’insuffisance de convergence dans une pratique académique d’ophtalmologie pédiatrique. Tous les patients inclus ont été diagnostiqués avec une IC et évalués par la suite pour un diagnostic de TDAH. Ils ont aussi analysé la relation inverse à savoir l’incidence de l’IC chez les patients porteurs du diagnostic de TDAH.

Vingt-six patients (9,8 %) ont été diagnostiqués avec un TDAH à un certain moment dans leur évolution clinique. Parmi les patients atteints de TDAH et d’insuffisance de convergence, l’examen des dossiers informatiques ont montré une incidence de 15,9 % de ce problème visuel dans la population TDAH. Il semblerait donc y avoir une incidence trois fois plus grande du TDAH chez les patients atteints d’insuffisance de convergence par rapport à l’incidence du TDAH chez la population générale (1,8 à 3,3 %). Les auteurs ont aussi noté une incidence trois fois plus grande de problèmes de convergence dans la population ayant un TDAH. Cela peut simplement représenter une association et non un lien de causalité.

Mais juste avant la publication du Dr  Granet, une équipe d’optométristes (Borsting et coll., 2005) a publié une recherche quelques mois auparavant sur le même sujet.

Borsting et coll. ont cerné les problèmes accommodatifs (focalisation) et l’insuffisance de convergence en relation avec d’autres problèmes d’apprentissage, tels que le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité. Le but de leur étude était d’évaluer la fréquence des comportements du TDAH chez les enfants d’âge scolaire atteints de problèmes accommodatifs et d’ insuffisance de convergence .

Vingt-quatre enfants âgés de 8 à 15 ans avec des symptômes de dysfonction accommodative ou d’insuffisance de convergence ont participé à l’étude. Un parent de chaque enfant complété la forme abrégée du questionnaire Conners pour parent. Les scores des enfants sur ce questionnaire ont été comparés à l’échantillon de référence.

Les scores du questionnaire de Conners portant sur l’indice S, les problèmes cognitifs ou d’inattention, l’hyperactivité et le TDAH étaient significativement différents des valeurs normales (p <ou = .001 pour tous les tests).

Les auteurs ont donc conclu que les enfants d’âge scolaire avec des symptômes de dysfonction accommodative ou d’insuffisance de convergence avaient ont une plus grande fréquence des comportements liés à la performance scolaire et à l’attention.

Gronlund et coll. ont étudié en 2007 divers aspects de la fonction visuelle chez les enfants atteints d’un déficit d’attention avec hyperactivité (TDA/H) et ont tenté d’établir si un traitement avec des stimulants se reflète dans le fonctionnement du système visuel.

En tout, 83 % des enfants avaient une acuité visuelle normale sans traitement,  et 90 % avec utilisation des stimulants. Un problème d’alignement des yeux (phorie) a été trouvé chez 29 % sans traitement, et chez 27 % avec stimulants. Un problème de vision stéréoscopique (vision en trois dimensions) a été retrouvé chez 26 % sans stimulants, et chez 27 %, avec stimulants. Une convergence anormale (> 6 cm ou aucune) a été notée chez 24 % sans traitement et chez 17 %, avec traitement. Des signes de problèmes visuo-perceptuels ont été retrouvés dans 21 % de tous les enfants. Les enfants atteints du TDA/H ont une fréquence élevée de problèmes visuels, qui n’ont pas été significativement améliorés avec des stimulants.

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