Bienvenue dans le monde de la vision des enfants!

Archives de novembre, 2012

Lunettes et maux de tête: franchement!

Est-ce que votre enfant porte des lunettes? Si tel est le cas, ne s’est-il jamais plaint de maux de tête qui se sont améliorés ou ont été éliminés avec un changement de prescription de verres ou sinon avec le port d’une première paire de lunettes? Ce serait très rare, du moins selon une «étude» présentée lors du congrès de l’American Academy of Ophthalmology.

Cette étude du Albany Medical Center de New York considère que les problèmes de vision ou des yeux sont rarement la cause de maux de tête récurrents chez les enfants, même si les maux de tête frappent surtout lorsque l’enfant effectue des travaux scolaires ou d’autres tâches visuelles.

Si cela vous semble suspect, ce l’est véritablement…

Le plus gros problème est que l’étude était rétrospective. Les scientifiques s’accordent à dire que seules les études prospectives (voir ici-bas) constituent une réelle preuve scientifique. Ce communiqué de presse affirme montrer des preuves claires que les problèmes de vision sont rarement la cause des maux de tête, et qu’il n’y a aucune corrélation entre le besoin de lunettes et des maux de tête. Et quel genre d’étude s’agit-il? Une étude rétrospective!

Photo: www.visionhelp.wordpress.com

Les études prospectives ont généralement moins de sources potentielles de biais et facteurs de confusion que les études rétrospectives. Pour cette raison, les enquêtes rétrospectives sont souvent critiquées.

On dirait qu’il y a anguille sous roche, n’est-ce pas? Bien sûr! C’est un autre effort des l’association des ophtalmologistes aux États-Unis pour convaincre le public que les lunettes sont prescrites inutilement. Le communiqué de presse souligne l’espoir que cette étude contribuera à rassurer les parents que dans la plupart des cas de maux de tête de leurs enfants ne sont pas liées à des problèmes de vision ou des yeux, et que la plupart des maux de tête va disparaître avec le temps. Et ceci, même si les maux de tête apparaissent fait des travaux scolaire ou autres tâches visuelles… Mon œil!

Une déclaration de cette nature a de vastes implications, et croit rassurer (?) les parents que les maux de tête ne sont pas susceptibles d’avoir une cause visuelle. Les auteurs préfèrent orienter le public vers un pédiatre qui lui va décider si un examen visuel est nécessaire plutôt que de consulter un optométriste! Entre médecins, faut bien se tenir!

Le fardeau de la preuve pour de telles revendications revient aux auteurs, car une telle étude va à l’encontre des standards des recherches publiées. Reconnu par toutes les parties comme l’une des meilleures études jamais publiées conjointement par l’optométrie et l’ophtalmologie concernant les symptômes des enfants visuels, l’étude CITT (Convergence Insufficiency Treatment Trial) a noté que 32 % de tous les enfants avec une insuffisance de convergence (IC) ont rapporté des maux de tête survenant assez souvent ou toujours en lisant ou en travaillant de près. D’abord, la prévalence d’une insuffisance de convergence se produit à un degré beaucoup plus élevé que le strabisme, l’amblyopie, et un problème de myopie ou d’hypermétropie élevée. Ensuite, rien n’est prévu dans le dépistage des troubles visuels par les pédiatres et les infirmières scolaires pour détecter autre chose qu’un problème d’acuité visuelle (voir clair ou non), cette étude jette beaucoup plus de confusion plutôt que de clarifier le rôle des conditions visuelles causant les maux de tête chez les enfants.

Les auteurs rapportent que 13,9 % (22 enfants) de la population se plaignait des maux de tête associés à des tâches visuelles. Cela signifie que 86,1 % de la population (soit 136 enfants sur 158) avait un type de mal de tête pour lequel la vision n’était pas un facteur. Ceci représente une population biaisée au départ pour laquelle on ne s’attendrait pas à retrouver une relation entre la vision et les maux de tête.

Les auteurs ne se sont même pas penchés sur la raison de la disparition des maux de tête chez les enfants avec le temps. Il faut comprendre que les maux de tête sont la plupart du temps causés par la vision de près (lecture, écriture, jeux vidéo, etc.) : à cause d’un problème d’alignement des yeux ou d’un problème de focalisation. Lorsque le problème en vision de près persiste, le système visuel fera des concessions importantes pour régler le problème. La plupart du temps, la myopie en tant qu’adaptation au stress visuel va faire son apparition. Les maux de tête ne disparaissent pas sans que d’autres problèmes visuels apparaissent. Mais les auteurs n’en ont pas tenu compte…

Photo : http://www.freedigitalphotos.net/

Il est malheureux qu’une étude si scientifiquement contestable ait fait la manchette de bien des publications…

Dans le journal La Presse:

http://www.lapresse.ca/vivre/sante/enfants/201211/13/01-4593389-les-lunettes-pas-toujours-la-solution-pour-les-maux-de-tete.php

Adapté du blogue VisionHelp : http://visionhelp.wordpress.com/

Publicités

Problèmes visuels des enfants ayant un programme d’intervention adapté

Une grande partie de l’apprentissage est associé aux processus visuels. Ainsi, les enfants qui ont des problèmes liés à la vision pourront avoir du mal à rivaliser avec leurs pairs dans un cadre académique. Afin d’évaluer la relation entre le succès dans le milieu académique et les problèmes visuels, Walline et Johnson Carder (1)  ont comparé la prévalence des problèmes visuels entre les enfants qui ont des plans d’intervention adapté (PIA) à des échantillons d’enfants cités dans la littérature.

Le PIA est un document écrit qui comprend les niveaux actuels de réussite d’un enfant et la performance fonctionnelle, les objectifs académiques et fonctionnels mesurables, les évaluations nécessaires, et une description du besoin de services d’éducation spécialisée nécessaires, les aides complémentaires, et les accommodations. Un PIA est rédigé par une équipe de professionnels qui peut inclure les psychologues scolaires, les enseignants, les infirmières scolaires, et les médecins spécialistes afin de fixer des objectifs mesurables et établir un guide pour les besoins d’apprentissage particuliers de l’enfant. Voir l’annexe à la fin.

Des optométristes ont complété un examen oculovisuel avec des enfants qui ont un PIA. La prévalence d’une variété de conditions visuelles montrées par les enfants avec un PIA a été comparée à des taux de prévalence rapportés dans la littérature.

Les données ont été analysées pour 255 enfants ayant in PIA. L’âge moyen des enfants était de 9,6 ans.

Des taux de prévalence plus élevés ont été rapportés pour les patients avec un PIA que pour les échantillons de la littérature pour la myopie (9 sur 13 études), l’hypermétropie (10 des 13 études), l’astigmatisme (6 de 9 études), l’anisométropie (myopie ou hypermétropie différente dans les deux yeux) (3 de 4 études), et le strabisme (6 de 6 études). L’acuité visuelle de loin des patients PIA était de 20/40 ou moins pour 23,7 % des yeux, mais 7,2 % des yeux avaient une acuité 20/40 ou moins même avec la correction visuelle. Parmi les enfants qui ont eu besoin d’une certaine forme de traitement, 124 enfants (69,3 %) avaient une acuité visuelle meilleure que 20/40 dans les deux yeux.

Beaucoup de ces problèmes de vision seraient détectés par dépistage visuel basés uniquement sur l’acuité visuelle à distance, et ceci illustre la nécessité d’examens oculovisuels complets pour les enfants qui éprouvent des difficultés académiques.

 (1)   Walline JJ, Johnson Carder ED. Vision Problems of Children with Individualized Education Programs Journal of Behavioral Optometry. Volume 23/2012/Number 4.

Il est estimé que 80 % de l’apprentissage est obtenu grâce à la vision. Bien qu’il n’y ait aucune preuve scientifique de cette affirmation, peu de gens sont en désaccord avec cette affirmation.

Les scientifiques ont découvert de manière significative des scores plus faibles aux tests de rendement scolaire, des problèmes de reconnaissance des lettres et des mots, des problèmes de vocabulaire, de l’orthographe, de l’intelligence verbale et la performance chez les enfants ayant une hypermétropie non corrigée. De plus, les enfants ayant des difficultés d’apprentissage présentent une plus grande prévalence de problèmes liés à la vision que la population normale. Certains problèmes de vision qui peuvent affecter l’apprentissage, mais pas tous, sont liés à des problèmes de réfraction (hypermétropie, astigmatisme, moins souvent la myopie). Ainsi, un examen visuel peut fournir des informations utiles quant au traitement pour les enfants avec des difficultés d’apprentissage.

Source: VisionHelp Blog – Dr Fortenbacher, OD FCOVD

Conclusion

Mais, que faire si un enfant ayant un PIA a aussi un problème de vision? Cela ne pose-t-il pas un risque pour l’enfant à de répondre efficacement à leurs PIA? Pour tenter de répondre à cette question, 3 états américains (l’Illinois, le Kentucky et le Missouri) ont décrété des examens visuels obligatoires pour les enfants avant la maternelle. Seule l’Arkansas, la Caroline du Nord, l’Oklahoma et le Massachusetts exigent des examens pour les enfants qui échouent à un dépistage visuel scolaire. Seuls les états de l’Ohio et du Massachusetts exigent des examens pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage. Seize États n’ont même pas établi de dépistage des troubles visuels pour les enfants. Quelles que soient les lois de l’État, quand un examen visuel n’a pas été effectué par un professionnel qualifié, l’école effectue généralement un dépistage afin de déterminer si la vision fonctionne «normalement». Cependant, c’est là que les problèmes commencent à apparaître. Les dépistages visuels scolaires sont principalement un test d’acuité visuelle au loin. Autrement dit, si l’acuité visuelle de l’enfant est supérieure à 20/40 (6/12 ou environ 85 %), ils réussissent le dépistage!

La validité d’un dépistage des troubles visuels à l’école est sans cesse mise en doute : une autre conclusion surprenante de l’étude citée ci-haut a constaté que sur les 179 qui ont eu besoin d’un traitement, 124 (69 %) enfants ayant un PIA auraient passé le test de dépistage visuel en milieu scolaire. C’est-à-dire près de 70% de ces enfants qui ont un PIA ont été identifiés avec des problèmes de vision pourtant traitables réussirait le dépistage visuel scolaire puisque leurs problèmes de vision n’a pas d’incidence sur l’acuité visuelle au loin!

Si vous êtes un enseignant, il faut insister pour que tous les enfants ayant un PIA soient examinés par un optométriste qui effectuera une évaluation approfondie de la vision et qui vous fournira des commentaires sur les résultats.

Si vous êtes un parent, dont l’enfant montre des problèmes de lecture, ou d’apprentissage avec ou sans PIA, il est impératif que vous demandiez de l’aide à un optométriste qui effectuera un examen complet, qui aime travailler avec les enfants et qui fournit en cabinet des traitements de rééducation visuelle ou qui pourra vous référer à un optométriste qualifié qui fournit de tels services.

Le plan d’intervention adapté:

http://www.mels.gouv.qc.ca/dgfj/das/soutienetacc/pdf/19-7053.pdf

MELS, Cadre de référence pour l’établissement des plans d’intervention (2007, p. 42)

Le plan d’intervention a pour objectif d’aider l’élève qui, parce qu’il est handicapé ou qu’il rencontre des difficultés, a besoin d’interventions adaptées pour progresser de façon optimale dans le développement de ses compétences menant à sa réussite. Il consiste en une planification d’actions coordonnées qui sont établie au sein d’une démarche de concertation.

Le plan d’intervention s’inscrit dans un processus dynamique d’aide à l’élève qui se réalise pour lui et avec lui. Il prend appui sur une vision systémique de la situation de l’élève et est mis en œuvre selon une approche de  recherche de solutions.

Quand fait-on un  plan d’intervention adapté?

Il est requis dans les situations suivantes :

• Les difficultés rencontrées par l’enfant, malgré les interventions adaptées mises en place, impliquent que les intervenants de l’école collaborent avec les parents et l’enfant pour trouver des moyens efficaces pour l’aider à réussir;

• L’enfant a besoin pour réussir de ressources spécialisées ou encore de stratégies particulières en plus des adaptations habituelles;

• Des décisions particulières doivent être prises concernant le cheminement scolaire de l’enfant ou son classement.

Que contient un plan d’intervention adapté ?

Un plan d’intervention adapté doit contenir les informations suivantes :

  • Une description des capacités et des besoins de votre enfant
  • Les champs d’intervention visés (apprentissage, insertion sociale ou autre)
  • Les objectifs à poursuivre et les compétences à développer
  • Les services d’appui dont votre enfant aura besoin
  • Les moyens retenus pour atteindre les objectifs et compétences visés
  • Les personnes responsables des interventions, leur rôle et leurs responsabilités
  • Le calendrier des échéances pour la réalisation des interventions prévues
  • Les résultats obtenus

Jeunes myopes: aller jouer dehors?

Introduction:

Une des premières études en Australie à rapporter le fait que le fait de jouer plus à l’extérieur pouvait avoir un lien avec une moindre prévalence de myopie chez les enfants avait été publiée en 2008 par Kathlyn Rose et ses collaborateurs (1) ; c’était une étude imposante puisque plus de 4 000 enfants avaient été inclus dans la «Sydney Myopia Study» et qui eut lieu entre 2003 et 2005.

Les auteurs avaient montré que des niveaux plus élevés d’activité de plein air (activités sportives et de loisirs) ont été associés à des réfractions plus hypermétropes et une moindre prévalence de myopie chez les élèves de 12 ans. Les étudiants qui effectuaient beaucoup de travail de près à l’intérieur et qui passaient le moins de temps à jouer à l’extérieur montraient moins d’hypermétropie et plus de myopie. Le contraire est aussi vrai.

La même équipe de chercheurs (2) a aussi analysé la présence de myopie dans deux populations d’enfants à l’école primaire appariés pour l’âge et l’origine ethnique : 124 à partir de l’étude de la myopie de Sydney et 628 de l’étude de cohorte de Singapour sur les facteurs de risque de myopie.

La prévalence de la myopie chez les enfants d’origine chinoise de 6 et 7 ans, était significativement plus faible à Sydney (3,3 %) qu’à Singapour (29,1 %) (p <.001). La prévalence de la myopie chez un ou deux parents était de 68 % à Sydney et à 71 % à Singapour. Les enfants Sydney lisent plus de livres par semaine (P <.001) et travaillent plus longtemps de près (P = .002). Les enfants à Sydney passent plus de temps pour les activités en plein air (13,75 versus 3,05 heures par semaine, p <.001), ce qui a été le facteur le plus important associé aux différences dans la prévalence de la myopie entre les 2 groupes.

 Ils ont par la suite examiné 1249 adolescents (3), inclus dans l’étude appelée «Singapore Cohort study Of Risk factors for Myopia» (SCORM) au cours de l’année 2006.

Le temps total moyen consacré à l’activité extérieure était de 3,24 heures par jour. L’activité totale extérieure (h/jour) était significativement associée avec le degré de myopie. En outre, le temps total passé à l’extérieur a été associé une condition de moindre myopie. Le temps total dévoué aux sports a été également significativement associé à moins de myopie, mais pas les sports d’intérieur.

Les participants qui passent plus de temps à l’extérieur sont moins susceptibles d’être myopes. Ainsi, l’activité extérieure peut protéger contre le développement de la myopie chez les enfants, et cela soutient les données des études australiennes (voir plus haut).

D’autres études ont suivi par la suite et de futures recherches seront sûrement à venir.

Autres études

En 2010, Deng et coll.  (4) ont étudié l’association entre la réfraction (myopie ou hypermétropie) des enfants avec leurs activités visuelles évalués par questionnaire dans l’année scolaire et les vacances d’été (juin, juillet et août).

Pendant l’année scolaire, les myopes ont passé beaucoup moins d’heures (8,25 ± 6,24 h/semaine) que les non-myopes (10,95 ± 5,95 h/ semaine) dans les sports ou  activités de plein air (p <0,05). En outre, les myopes (12,78 ± 9,28 h/semaine) regardaient davantage la télévision que les non-myopes (8,91 ± 5,95 h/semaine) (p = 0,02). Aucune autre différence n’a été retrouvée.

Une nouvelle découverte est le nombre élevé d’heures de sport/d’activités en plein air pour les myopes et les non-myopes pendant la pause estivale, ce qui peut contribuer à la croissance ralentie des yeux chez tous les enfants pendant ces 3 mois.

Mutti et coll. (5)  a tenté d’évaluer l’hypothèse que le temps passé à l’extérieur pouvait créer des différences dans les taux de vitamine D dans le sang entre les myopes et non myopes. Les taux sanguins de vitamine D n’étaient pas significativement différents entre les myopes et les non-myopes, ni les heures passées à l’extérieur. L’hypothèse ne pouvait donc pas être évaluée correctement bien que les myopes semblent avoir des niveaux moyens de vitamine D inférieurs aux non-myopes.

Guggenheim (5) et collaborateurs ont suivi les participants de l’étude longitudinale Avon Longitudinal Study of Parents and Children (ALSPAC) qui ont été évalués à l’âge de 7, 10, 11, 12 et 15 ans, et classés comme myopes ou non myopes à chaque visite. L’activité physique à l’âge de 11 ans a été mesurée de façon objective à l’aide d’un accéléromètre, porté pendant 1 semaine. Le temps passé à l’extérieur a été évalué par un questionnaire rempli par les parents lorsque les enfants étaient âgés de 8-9 ans.

Le temps passé à l’extérieur était un facteur prédictif de l’incidence de la myopie indépendamment du niveau d’activité physique. La plus grande association observée pour le temps passé à l’extérieur suggère que le lien entre les «sports / activités de plein air» et la myopie sont dus principalement au temps passé à l’extérieur plutôt qu’à l’activité physique.

Dharani et coll. (6) ont analysé le temps passé à l’extérieur à l’aide d’un journal de notes et d’un posemètre portable sur une période de 1 semaine chez des 117 enfants de Singapour âgés de 6-12 ans avec et sans myopie. Tous les enfants ont porté un posemètre pendant 1 semaine et les parents ont rempli le journal des activités en plein air des enfants pendant 7 jours.

L’accord entre le posemètre et le journal des activités en plein air de 7 jours était de médiocre à passable. Les deux instruments mesurent sans doute différents paramètres, temps passé à l’extérieur et l’intensité lumineuse qui en résulte, et cela ne semble pas une approche utile pour saisir les différents aspects de risque dans les études futures pour la myopie.

Donovan (7)  et coll. ont analysé les variations saisonnières dans la progression myope des enfants chinois. Ils ont examiné un total de 85 enfants chinois ayant une myopie entre -0,75 D et -3,50 D et un astigmatisme sphère ≤ -1,50 D, qui portaient des verres pour voir au loin. Ils ont mesuré la réfraction et les données de la longueur axiale à 6 mois d’intervalle. Les taux de progression de l’œil droit ont été définis pour les premiers et deuxièmes 6 mois de l’étude et classés en fonction de «l’été», «automne», «hiver», ou «printemps».

La moyenne de progression de 6 mois était -0,31 ± 0,25 D pour l’été, -0,40 ± 0,27 D pour l’automne, -0,53 ± 0,29 D pour l’hiver, et -0,42 ± 0,20 D pour le printemps. L’augmentation de la longueur axiale était de 0,17 ± 0,10 mm pour l’été, 0,24 ± 0,09 mm pour l’automne, 0,24 ± 0,09 mm pour l’hiver, et de 0,15 ± 0,08 mm pour le printemps (p <0,001). De plus, les données pour l’été et l’hiver étaient différents les uns des autres pour la progression de la myopie et de l’allongement axial.

Ainsi, la progression de la myopie durant les mois d’été est d’environ 60 % de moins que celle observée en hiver, et l’allongement axial était également bien moindre en été. Il n’est pas certain que plus le temps passé à l’extérieur en été par rapport à l’hiver soit un facteur contributif, ou que la différence dans les taux de progression de la myopie soit le résultat de variations «saisonnières», ou de quantité de travail effectué de près.

Jones-Jordan (8)  et collaborateurs ont aussi récemment étudié l’association entre la progression de la myopie et le temps passé à l’extérieur et diverses activités visuelles.

Leurs résultats indiquent que le nombre d’heures de lecture pour le plaisir par semaine n’était pas significativement associé à une progression annuelle de la myopie, pas plus que les autres activités de près. L’ampleur des effets était cliniquement négligeable.

Malgré les associations antérieures entre le temps passé en plein air et le risque d’apparition de la myopie, ces auteurs n’ont pu obtenir les mêmes résultats…

Conclusion :

L’une des surprises des récentes recherches est l’importance de la façon dont l’augmentation du temps passé à l’extérieur aide à prévenir la myopie. À l’heure actuelle, il semble que 14 heures par semaine ou plus à l’extérieur sont significativement efficaces à réduire la progression de la myopie.

Pourquoi cette relation surprenante ? Voici quelques pistes suggérées :

• L’exposition au soleil augmente la production de vitamine D (la vitamine D est produite par la peau, à l’aide de la lumière du soleil) ? Mais une étude a montré que la concentration sanguine de cette vitamine n’est pas significativement différente chez les enfants qui passent plus de temps à l’extérieur que les autres…

• L’exposition au soleil augmente la production de substances chimiques dans la rétine comme la dopamine qui permet de contrôler la croissance de l’œil ?

• Les enfants regardent plus souvent au loin lorsqu’ils jouent à l’extérieur ?

• L’exposition à des micro-organismes bénéfiques (production de sérotonine qui fait partie du système de signalisation à l’intérieur de la rétine oculaire pour contrer la croissance de l’œil?

Nous savons que ce n’est pas les sports ou l’activité physique. Les avantages sont possibles pour les enfants qui jouent à l’extérieur sans activité sportive organisée.

Références :

(1) Rose KA, Morgan IG, Ip J, Kifley A, Huynh S, Smith W, Mitchell P.Outdoor activity reduces the prevalence of myopia in children. Ophthalmology. 2008 Aug;115(8):1279-85.

(2) Rose KA, Morgan IG, Smith W, Burlutsky G, Mitchell P, Saw SM. Myopia, lifestyle, and schooling in students of Chinese ethnicity in Singapore and Sydney. Arch Ophthalmol. 2008 Apr;126(4):527-30.

(3) Br J Ophthalmol. 2009 Aug;93(8):997-1000. Epub 2009 Feb 11. Outdoor activity and myopia in Singapore teenage children. Dirani M, Tong L, Gazzard G, Zhang X, Chia A, Young TL, Rose KA, Mitchell P, Saw SM.

(4) Deng L, Gwiazda J, Thorn F. Children’s refractions and visual activities in the school year and summer. Optom Vis Sci. 2010 Jun;87(6):406-13.

(5) Mutti DO, Marks AR. Blood levels of vitamin D in teens and young adults with myopia. Optom Vis Sci. 2011 Mar;88(3):377-82.

(6) Dharani R, Lee CF, Theng ZX, Drury VB, Ngo C, Sandar M, Wong TY, Finkelstein EA, Saw SM. Comparison of measurements of time outdoors and light levels as risk factors for myopia in young Singapore children. Eye (Lond). 2012 Jul;26(7):911-8. doi

(7) Donovan, L, Sankaridurg, P, Ho, A. Chen, X. Lin, Z. Thomas, V. Smith, E L. III, Ge, J. Holden, B. Myopia Progression in Chinese Children is Slower in Summer Than in Winter.  Optometry & Vision Science. 89(8):1196-1202, August 2012.

(8) Jones-Jordan LA, Sinnott LT, Cotter SA, Kleinstein RN, Manny RE, Mutti DO, Twelker JD, Zadnik K; for the CLEERE Study Group.Time Outdoors, Visual Activity, and Myopia Progression in Juvenile-Onset Myopes. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2012 Oct 15;53(11):7169-7175.