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Références

Les mouvements oculaires chez les dyslexiques (28 octobre, 2012)

Une grande quantité de données montre que les mouvements oculaires pendant la lecture sont anormaux dans la dyslexie, ce qui a été rapporté dans plusieurs langues. Pavlidis [1] a été le premier à montrer un grand nombre de saccades régressives (retours en arrière) et une fixation instable dans cette population; Rayner [2] a rapporté des saccades fréquentes de faible amplitude ainsi que des fixations de plus longue durée chez les enfants dyslexiques, de même, De Luca et al. [3] ont observé des fixations fréquentes de plus longue durée chez des enfants dyslexiques italiens et Hutzler & Wimmer [4], a également montré un plus grand nombre de fixations et de plus courte durée chez les enfants dyslexiques. En outre, chez les enfants dyslexiques chinois, Li et al. [5] ont rapporté des mouvements oculaires anormaux dans la recherche d’image, des fixations plus lentes et de plus fréquentes saccades de faible amplitude.

Récemment, Trauzettel-Klosinski et al. [6] ont rapporté chez des enfants dyslexiques allemands une vitesse plus lente de lecture et un nombre élevé des saccades et de régressions; des résultats similaires ont également été signalés chez des enfants dyslexiques grecs par Hatzidaki et al. [7]. Pris dans leur ensemble tous ces résultats suggèrent que la performance anormale des mouvements des yeux observés chez les enfants dyslexiques pourrait être due à une faible capacité de mouvements et un problèeme touchant la stratégie de traitement de l’information visuelle. Récemment Jainta & Kapoula [8] ont rapporté chez les dyslexiques une mauvaise coordination binoculaire des saccades lors de la lecture ainsi que dans une tâche de recherche visuelle (explorant une peinture), tandis que d’autres études sur les enfants dyslexiques comparant la lecture et des tâches sans lecture ont trouvé des déficits oculomoteurs dans la lecture seule tâche [9], [10].

La présence d’un déficit dans le système visuel des dyslexiques a été suggérée depuis de nombreuses années [11] lors d’articles scientifiques qui ont signalé une dysfonction au niveau du système magnocellulaire visuel (système impliqué dans la lecture, en particulier à cause du caractère mouvant et la succession rapide d’informations visuelles que constitue le flux de la lecture) chez les dyslexiques. Suite à ce travail, de nombreuses études ont confirmé cette hypothèse en montrant chez les enfants dyslexiques une mauvaise coordination binoculaire durant les fixations prolongées [12], de la confusion visuelle lors de la lecture [13] et un problème d’alignement des yeux lors de la fixation sur un mot après la saccade (mouvement rapide d’un mot à un autre) [14]. Iles et al. [15] ont également rapporté une altération de la performance de la recherche visuelle dans un groupe d’adultes dyslexiques confirmant et prolongeant l’hypothèse magnocellulaire de la dyslexie. En dépit de ces résultats, d’autres recherches ne partagent pas l’hypothèse du système visuel déficitaire, et l’existence d’une lacune dans le système magnocellulaire lors de la dyslexie est encore en débattue [16],[17],[18].

En outre, il convient également de mentionner qu’en plus des déficiences visuelles perceptuelles, les processus visuels attentionnels sont impliqués dans la lecture et ils pourraient être responsables des déficits de performance dans les mouvements oculaires de la population dyslexique. Dans cette ligne de pensée, Bossé et al. [19] ont rapporté que certains enfants dyslexiques ont une réduction de la taille de leur fenêtre visuelle attentionnelle conduisant à une limitation du nombre de lettres qui peuvent être traitées en parallèle. La conséquence d’un tel trouble est que les dyslexiques feront de plus courtes saccades et des fixations plus fréquentes non seulement au cours de la lecture, mais aussi pendant une recherche visuelle [20]. Une étude de ce groupe [21] a fourni des preuves sur le rôle des régions pariétales, en particulier la zone pariétale supérieure gauche, dans l’empan visuo-attentionnel et sa carence chez les dyslexiques.

1. Pavlidis GT (1981) Do eye movements hold the key to dyslexia? Neuropsychologia 19(1): 57–64.

2. Rayner K (1985) Do faulty eye movements cause dyslexia? Developmental Neuropsychology 1: 3–15.

3. De Luca M, Di Pace E, Judica A, Spinelli D, Zoccolotti P (1999) Eye movement patterns in linguistic and non-linguistic tasks in developmental surface dyslexia. Neuropsychologia 37(12): 1407–1420.

4. Hutzler F, Wimmer H (2004) Eye movements of dyslexic children when reading in a regular orthography. Brain and Language 89(1): 235–242.

5. Li XH, Jing J, Zou XB, Huang X, Jin Y, et al. (2009) Picture perception in Chinese dyslexic children: an eye-movement study. Chin Med J (Engl) 122(3): 267–271.

6. Trauzettel-Klosinski S, Koitzsch AM, Du¨rrwa¨chter U, Sokolov AN, Reinhard J, et al. (2010) Eye movements in German-speaking children with and without dyslexia when reading aloud. Acta Ophthalmol 88(6): 681–691.

7. Hatzidaki A, Gianneli M, Petrakis E, Makaronas N, Aslanides IM (2011) Reading and visual processing in Greek dyslexic children: an eye-movement study. Dyslexia 17(1): 85–104.

8. Jainta S, Kapoula Z (2011) Dyslexic children are confronted with unstable binocular fixation while reading. PLoS One 6(4): e18694.

9. Hutzler F, Kronbichler M, Jacobs AM, Wimmer H (2006) Perhaps correlational but not causal: No effect of dyslexic readers’ magnocellular system on their eye movements during reading. Neuropsychologia 44(4): 637–648.

10. Kirkby JA, Blythe HI, Drieghe D, Liversedge SP (2011) Reading Text Increases Binocular Disparity in Dyslexic Children. PLoS ONE 6(11): e27105.

11. Galaburda AM, Sherman GF, Rosen GD, Aboitiz F, Geschwind N (1985) Developmental dyslexia: four consecutive patients with cortical anomalies. Ann Neurol 18(2): 222–233.

12. Stein JF, Fowler MS (1993) Unstable binocular control in dyslexic children. Journal of Research in Reading 16: 30–45.

13. Stein J, Walsh V (1997) To see but not to read; the magnocellular theory of dyslexia. Trends Neurosci 20(4): 147–152.

14. Eden GF, Stein JF, Wood HM, Wood FB (1994) Differences in eye movements and reading problems in dyslexic and non-dyslexic children. Vision Res 34(10): 1345–1358.

15. Iles J, Walsh V, Richardson A (2000) Visual search performance in dyslexia. Dyslexia 6(3): 163–77.

16. Skottun BC (2010) Rats, dyslexia, and the magnocellular system. Cortex 46(6): 799.

17. Dhar M, Been PH, Minderaa RB, Althaus M (2010) Of rats and men: A reply to Skottun. Cortex 46(6): 800–801.

18. Vidyasagar TR, Pammer K (2010) Dyslexia: a deficit in visuo-spatial attention, not in phonological processing. Trends Cogn Sci 14(2): 57–63.

19. Bosse ML, Tainturier MJ, Valdois S (2007) Developmental dyslexia: the visual attention span deficit hypothesis. Cognition 104(2): 198–230.

20. Prado C, Dubois M, Valdois S (2007) the eye movements of dyslexic children during reading and visual search: Impact of the visual attention span. Vision Res(47): 2521–2530.

21. Peyrin C, De´monet JF, N’guyen-Morel MA, Le Bas JF, Valdois S (2010). Superior parietal lobule dysfunction in a homogeneous group of dyslexic children with a visual attention span disorder. Brain Lang 118(3): 128–38.

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