Bienvenue dans le monde de la vision des enfants!

Archives de août, 2012

Les habiletés visuelles-perceptuelles et la réussite scolaire (3)

Mémoire visuelle et visualisation

Mémoire visuelle spatiale: la capacité de rappeler la localisation spatiale d’un objet ou de plusieurs stimuli. La capacité d’être en mesure de se rappeler, d’identifier, ou de reproduire le design d’un objet lorsqu’il n’est plus visible. La mémoire visuelle est importante pour se rappeler des choses lues ou des consignes écrites.

Exemple: Être capable d’imaginer un objet perdu; voir un mot imprimé et l’élaboration d’une image mentale de l’objet correspondant.

Activité: jeux de mémoire avec cartes à jouer ou autres

Mémoire visuelle séquentielle: la possibilité de visualiser, puis de se rappeler une séquence de chiffres, des lettres ou d’objets dans l’ordre où ils ont été initialement présentés.

Exemple: se rappeler un numéro de téléphone 205-9786 vs 205-9687, ou en orthographe «verre» versus «vers».

Visualisationla capacité à se rappeler (mentalement) une image ou un objet déjà vu et manipuler mentalement cette image de façon différente. On peut alors se former une image mentale qui est utilisée dans le présent ou dans le futur. Cette habileté est essentielle lors de l’épellation, des mathématiques orales et pour pouvoir se rappeler des scènes, des évènements, des consignes.

L’enfant doit d’abord examiner la première forme. Ensuite, il doit trouver laquelle des quatre formes suivantes qui, une fois assemblée avec la première, constituera un carré parfait.

Vitesse et empan de perception visuelle: La vitesse et la quantité d’information visuelle que l’enfant peut traiter visuellement. Par exemple, la capacité de comparer rapidement et avec précision des lettres, des chiffres ou des images. On peut parler aussi de la capacité à identifier un détail précis parmi tant d’autres ou de filtrer les informations inutiles.

Exemple: copier rapidement et efficacement ce qui est écrit au tableau avec seulement quelques regards vers celui-ci versus avoir le besoin de jeter un regard sur le tableau à chaque un ou deux mots.

Automaticité

Lorsque toutes ces habiletés sont bien maîtrisées, il est important qu’elles deviennent automatiques, de sorte qu’elles soient appliquées rapidement et requièrent moins d’énergie et de concentration à traiter. Tout doit devenir facile.

L’automaticité est la clé d’un apprentissage efficace.

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture est la tâche la plus difficile qu’un être humain aura à faire face dans sa vie entière. La lecture et l’écriture sont des tâches très complexes qui requièrent une foule d’habiletés visuelles, perceptuelles, auditives et tactiles.

L’optométriste spécialisé en rééducation visuelle doit s’assurer de l’état de toutes les habiletés visuelles et perceptuelles. C’est pourquoi l’évaluation de ces habiletés prend plus de temps.

La rééducation visuelle

La rééducation visuelle est une série d’activités visuelles, motrices et perceptuelles pour améliorer ces différentes habiletés. Comme ces habiletés sont apprises entre 0 et 6 ans, alors elles peuvent être entraînées, améliorées ou apprises de nouveau pour un maximum d’efficacité visuelle.

Quelques études cliniques

En 2010, Dhingra et colloborateurs ont analyse la relation entre différentes perceptions (visuelle, auditive, cinesthésique et tactile) et la performance académique d’un certain nombre d’enfants.

Ils ont utilisé des parties de tests normalisés qui mesuraient plus spécifiquement ces différentes perceptions (notamment les McCarthy Scales of Children’s Abilities et WISC III-R).

Considérée dans son ensemble, le rendement scolaire des enfants (que les auteurs ont défini comme l’ensemble des trois domaines académiques, à savoir la lecture, l’orthographe et les mathématiques) était significativement corrélée avec surtout trois canaux perceptuels, à savoir, la perception visuelle (r = 0,521, p <0,001), la perception auditive  (r = 0,544, p <0,001) et la perception cinesthésique (r = 0,186, p <0,05).

D’abord, le rendement en lecture et celui en orthographe étaient significativement associés (les élèves qui ont une bonne lecture ont aussi une bonne orthographe), mais ces domaines académiques sont étroitement liés aux trois domaines perceptuels déjà cités. D’autre part, la réussite en mathématiques n’est liée qu’à la perception auditive et visuelle. Ainsi, les résultats indiquent qu’entre autres, les perceptions visuelles et auditives jouent un rôle crucial dans l’apprentissage scolaire.

Une autre étude, celle de Goldstand en 2005, avait pour but de comparer les habiletés visuelles et perceptuelles entre des enfants avec ou sans problèmes scolaires modérés de lecture et d’examiner l’incidence des déficits visuels chez ceux-ci.

Les auteurs ont comparé ont comparé les résultats de soixante-et-onze élèves de septième année, dont 46 n’avaient aucun problème de lecture et 25 avaient des problèmes de lecture. Ils ont utilisés des scores concernant un dépistage visuel, des tests de perception visuelle, des tests d’intégration visuo-motrice, et le rendement scolaire. En outre, ils ont par la suite comparé le rendement scolaire et le traitement de l’information visuelle entre les enfants qui avaient échoué ou réussi les tests de dépistage de la vision.

Des déficits visuels ont été retrouvés chez 68 % des participants, et plus chez les garçons que chez les filles. Les lecteurs dysfonctionnels avaient significativement un plus faible rendement scolaire et de moins bons scores de dépistage visuel que les bons lecteurs. Les participants qui ont réussi le dépistage visuel avaient des résultats significativement meilleurs dans la perception visuelle que ceux qui ont échoué.

Les fonctions visuelle et perceptuelle distinguent nettement entre les enfants avec et sans difficultés scolaires légères. La fréquence élevée des problèmes visuels chez les enfants qui réussissent moins bien exige qu’il est important de bien cerner les déficits visuels et perceptuels chez les écoliers ayant des difficultés de rendement scolaire.

  •  Dhingra R, Manhas S, Kohli N.  Relationship of Perceptual Abilities with Academic Performance of Children. J Soc Sci, 23(2): 143-147 (2010)
  •  Goldstand S, Koslowe KC, Parush S.Vision, visual-information processing, and academic performance among seventh-grade schoolchildren: a more significant relationship than we thought? Am J Occup Ther. 2005 Jul-Aug;59(4):377-89.

Conclusion

Nous avons discuté des principales habiletés perceptuelles qu’un enfant doit maîtriser afin de mieux traiter l’information visuelle tant à l’école qu’ailleurs. La vision et la perception touchent à tous les aspects de la vie des enfants. Dans un sens, la perception visuelle est le processus visuel de la pensée plus que de l’oeil lui-même.

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Les habiletés visuelles-perceptuelles et la réussite scolaire (2)

La directionnalité

La directionnalité incorpore les concepts spatiaux de «haut, bas, devant, derrière», et toutes les combinaisons de ceux-ci. Cela signifie également projeter ces directions, y compris la gauche et la droite dans l’espace. Encore une fois, une personne doit comprendre les concepts qui se rapportent à elle-même avant de pouvoir les appliquer à autres choses.

La directionnalité est très importante dans le décodage des lettres. Si un enfant ne maîtrise pas la directionnalité de façon adéquate, apprendre à lire peut être très déroutant. Par exemple, les lettres «b», «d», «p» et «q» se ressemblent toutes puisqu’elles ne diffèrent que par leur orientation.

FAIT: La recherche a montré que les enfants qui ont encore des problèmes d’inversions de lettres après l’âge de 8 ans auront probablement des problèmes à développer de bonnes habiletés en lecture.

Ces habiletés, par contre, peuvent être entraînées ou apprises par la rééducation visuelle.

Une fonction importante qui lie la latéralité et la directionnalité est nos yeux.

Des habiletés adéquates ou un bon contrôle dans les mouvements oculaires sont essentiels dans le développement des habiletés de directionnalité. Si les yeux ne peuvent se déplacer de mot en mot ou d’une ligne à une autre de façon efficace et rapide, cela pourrait signifier être à risque pour avoir un problème de décodage en lecture, car la façon par laquelle nous parcourons un texte des yeux est importante pour le codage au niveau du cerveau.

On distingue deux facettes de la directionnalité :

1) la directionnalité graphique : selon que l’enfant est gaucher ou droitier, les lettres ou les formes ne sont pas intrinsèquement formées dans la même direction (de droite à gauche ou de gauche à droite). Par contre, l’écriture du français requiert un mouvement graphique de gauche à droite même pour les enfants gauchers. Elle a aussi une relation avec les inversions de lettres et/ou chiffres.

2) la directionnalité spatiale : la projection des directions à l’extérieur de l’organisme dans l’espace. L’enfant doit faire correspondre ses relations extérieures de l’espace avec les relations spatiales de son corps. Elle concerne aussi l’observation des relations entre les objets dans l’espace.

Intégration bilatérale (des deux côtés du corps) et le schéma corporel

L’intégration bilatérale ou la coordination entre les deux cotés du corps est une autre habileté visuo-spatiale qui est importante. Il s’agit de la capacité d’utiliser efficacement les deux côtés du corps séparément (comme en tapant sur un clavier) et/ou simultanément (aller à bicyclette).

Les très jeunes enfants utilisent un seul côté à la fois jusqu’à ce qu’ils apprennent cette habileté. Il s’agit d’une partie normale du développement. Toutefois, si un enfant présente toujours des difficultés à intégrer les deux côtés de son corps après la troisième année, ceci peut signifier un problème avec les habiletés visuo-spatiales.

Cette compétence ne peut pas être pleinement développée, sauf si la latéralité est bien apprise. Si on ne possède pas le concept de la différence entre les deux côtés du corps, il est très difficile d’apprendre à les coordonner.

Le schéma corporel concerne la connaissance intégrée des parties du corps comme point de référence dans l‘espace  (relation avec motricité générale, coordination générale, les sports, etc.), puisque le corps sert de point de référence dans l’espace lorsqu’on est en mouvement.   C’est l’ensemble des processus qui enregistre la position des parties du corps d’un dans l’espace.

Les habiletés d’analyse visuelle

L’analyse visuelle, ou discrimination visuelle, est utilisée pour identifier, trier, organiser, stocker et rappeler des informations présentées sous forme visuelle. C’est la capacité à capter de l’information visuelle, s’en souvenir et de l’appliquer plus tard.

Les enfants ayant de faibles habiletés d’analyse visuelle ont souvent des difficultés à apprendre l’alphabet, et connaître les mots ou les formes simples, même lorsqu’ils sont présentés à plusieurs reprises. Par exemple, ils peuvent lire correctement le mot «maison» dans une phrase et une lecture incorrecte du mot «raison» deux lignes tard. Ces enfants ont tendance à confondre les mots avec des terminaisons ou des débuts semblables. Ils ont également de la difficulté à comprendre les concepts de taille et d’’ampleur (une tasse d’eau dans un grand verre et une tasse d’eau dans un bol peu profond ne sont pas considérées comme des quantités égales).

Signes et symptômes d’une dysfonction de l’analyse visuelle

  • difficulté à apprendre l’alphabet
  • difficulté à reconnaître les mots
  • erreurs avec les mots avec débuts similaires
  • confond ressemblances et les différences mineures
  • ne reconnaît pas le mot même si répété à nouveau sur une page
  • problèmes à se souvenir et à écrire des lettres et chiffres
  • distrait
  • courte durée d’attention
  • problèmes de concentration
  • trace ou touche les illustrations pour les intégrer
  • difficultés à comprendre des instructions
  • hyper ou hypo actif

Autres habiletés liées à l’analyse visuelle

Figure-fond visuel: la capacité à s’attarder ou à rechercher une forme ou une caractéristique, tout en ignorant les informations non pertinentes. Exemple: rechercher un élément spécifique d’information lors de la lecture ou la recherche d’un outil spécifique dans une boîte à outils complète.

La discrimination visuelle est donc la capacité d’observer des similitudes ou des différences subtiles parmi des formes ou des symboles. Elle est liée à l’attention visuelle.

Activités similaires : les jeux des erreurs / Où est Charlie?

La reconnaissance visuelle de la forme / constance de la forme : la capacité à discriminer des différences dans les formes. Cela inclut les différences de taille, de forme, de couleur et d’orientation. La constance de la forme est de reconnaître le fait que l’information visuelle d’une forme est la même en dépit de la taille de cet objet, de son emplacement ou de sa rotation.

Exemple: POT = pot = Pot

Au niveau de l’apprentissage scolaire, la perception de la forme permet de reconnaître les formes de base qui constitueront par la suite les lettres et les chiffres. Plusieurs enfants ont de la difficulté à voir puis à copier des formes sur papier.

La complétion visuelle est la capacité à reconnaître des indices présentés visuellement qui permettent de déterminer l’apparence du produit final, sans la présence de tous les détails.

Exemple: être capable de compléter un mot lorsque seulement une partie de ce mot est vu, ou reconnaître ce qui va apparaître dans une image avant qu’elle soit terminée.

Dans cet exercice de complétion visuelle, l’enfant doit déterminer quelle forme incomplète au bas de l’image représente celle du haut.

Les habiletés visuelles-perceptuelles et la réussite scolaire (1)

Les pré-requis à un apprentissage scolaire adéquat

Avant qu’un enfant puisse être prêt à apprendre à l’école, il existe une foule de pré-requis qu’il doit maîtriser tout au long de son développement de 0 à 6 ans. La motricité générale ou globale  concerne le contrôle de l’ensemble du corps. Les activités de motricité globale sollicitent l’ensemble des parties du corps (marche, course, saut, lancer, natation, etc.) qui nécessitent l’intervention et la coordination de groupes musculaires importants. Pour ce faire, l’enfant doit vaincre la gravité. Les mouvements non-locomoteurs impliquent des changements de position ou de posture, sans déplacements dans l’espace (ex: lancer, attraper, pivoter, se pencher, se redresser, pousser, tirer, s’étirer, etc.). Les mouvements locomoteurs impliquent le déplacement du corps en entier dans l’espace (ex: marcher, courir, sauter, ramper, rouler, aller à bicyclette, nager, skier, etc.). La position stable ou maintien de la posture, pendant un certain temps, exige un contrôle de l’effort musculaire (ex: maintenir une position assise, se tenir sur un ou deux pieds, etc.)

Le développement de la motricité fine constitue pour les enfants un moyen d’accéder à l’autonomie qui intensifie l’exploration sensorielle ainsi que les interactions avec les personnes et l’environnement physique, ce qui stimule tous les autres domaines du développement. Le développement de la motricité fine se rapporte à la coordination des mouvements de la main et du bras nécessaires pour atteindre, saisir, relâcher ou manipuler des objets. La maîtrise des habiletés de la motricité fine implique  généralement la stabilité et la force du cou, du tronc et des bras, de même que la coordination des yeux et des mains, la perception du toucher, une bonne perception visuo-spatiale, la capacité de coordonner des gestes moteurs fins, la conscience du corps dans l’espace et la coordination des deux côtés du corps. La maîtrise d’habiletés de motricité fine permet à l’enfant de manipuler des jouets comportant de petites pièces, de s’habiller et se déshabiller de façon autonome et d’utiliser des ciseaux et des instruments servant à écrire.

Le lien entre des mouvements oculaires efficaces, souples, rapides et la performance en lecture est évident. La vision est souvent considérée comme une fonction exclusivement sensorielle. En fait une utilisation normale de la vision requiert des mouvements oculomoteurs précis. Lorsque nous apprenons à lire, en particulier, il nous faut être capable d’élaborer et d’exécuter de petits mouvements oculaires rapides, parfaitement adaptés, les saccades, de façon à ce que notre regard puisse passer d’un mot au mot suivant et d’une ligne à une autre.

Les habiletés visuelles font référence à comment les yeux fonctionnent : focalisation des yeux lors de la lecture ou toute autre tâche en vision de près, comment les yeux s’alignent sur ce qu’on regarde, etc.

La perception visuelle est le processus cognitif qui identifie, organise et convertit les données sensorielles (ici, visuelles) en informations utiles. La perception peut aussi être auditive, tactile, kinesthésique (l’ensemble des sensations relatives aux mouvements du corps.) et autres.

La perception visuelle, ou ce qu’on appelle le traitement des informations visuelles, est un ensemble de compétences que nous utilisons pour recueillir de l’information visuelle de l’environnement et les intégrer à nos autres sens. Le but ultime de la perception est de pouvoir arriver à une compréhension et donner un sens à ce que nous voyons.

Le traitement visuel perceptuel est très important, mais surtout lors de l’apprentissage d’une multitude de choses. Sans cela, vous ne seriez pas en mesure d’apprendre à lire précisément, de donner ou d’obtenir un itinéraire, une copie d’une carte ou d’un livre, de visualiser des objets ou des expériences passées, de se rappeler les choses visuellement, d’avoir une bonne coordination œil-main, d’intégrer l’information visuelle avec nos autres sens pour faire des choses comme faire du vélo, jouer au ballon, ou d’entendre un son et être capable de reconnaître visuellement d’où il vient (comme une ambulance), pour n’en nommer que quelques-uns.

La perception visuelle peut être décomposée en trois composantes: les compétences ou habiletés visuelles-spatiales, les habiletés de L’analyse visuelle et les habiletés de l’intégration visuelle. Comme toute autre chose qui est divisée en diverses composantes, ces compétences travaillent ensemble et s’influencent l’une l’autre pour vous aider à fonctionner dans l’environnement visuel.

Les habiletés visuo-spatiales

Ce sont les habiletés que nous utilisons pour comprendre les concepts de direction, pour organiser notre espace visuel. C’est ainsi que nous devons projeter visuellement les coordonnées de notre corps dans notre monde spatial.

Les habiletés visuo-spatiales nécessitent l’observation d’un objet, puis le fait de créer un rapport exact sur sa position dans l’espace par rapport à NOTRE propre personne.

Signes et symptômes d’un problème de dysfonction visuo-spatiale

• Manque de coordination et d’équilibre (maladresse)

• Difficulté à apprendre les concepts de gauche et de droite

• Inverse des lettres ou des chiffres lors de l’écriture ou la copie

• Difficulté à effectuer des activités impliquant le rythme

• Ne pas bon en sport

• Ne croise la ligne médiane en accomplissant les tâches (passe les objets d’une main à l’autre)

• N’utilise pas main dominée pour soutenir son cahier lors de l’écriture ou la copie

• Rotation du corps lors de l’écriture ou la copie (encore une fois, ne franchit pas la ligne médiane)

La latéralité

La latéralité est la conscience interne de soi des deux côtés du corps et qui nous renseigne qu’ils sont différents. Elle exige un bon équilibre, une fonction vestibulaire adéquate et une prise de conscience de la ligne médiane du corps (une ligne invisible qui sépare votre corps en deux – un côté gauche et un côté droit).

FAIT: Au cours d’une étude au Southern College of Optometry, 73,8 % des enfants déjà diagnostiqués comme ayant des problèmes d’apprentissage ont échoué aux tests utilisés pour évaluer la latéralité et la directionnalité.

Certains comportements observés chez les enfants qui n’ont pas développé la latéralité sont les suivants:

• Main non dominante n’est pas utilisée pour aider à une tâche ou au support de la feuille lors de l’écriture

• Préfère changer de main afin de ne pas traverser la ligne médiane de leur corps

• Beaucoup de comportements moteurs inutiles

• Rotation du corps (à nouveau afin de ne pas traverser la ligne médiane)

Ces comportements sont normaux chez tous les jeunes enfants, mais si une certaine confusion persiste avec la latéralité après l’âge de 7 ou 8 ans, cela peut potentiellement causer des problèmes.

La latéralité (sur soi) est le précurseur de la directionnalité (orientation dans l’espace).

Une personne doit comprendre sa propre latéralité avant qu’elle puisse être appliquée dans l’espace environnant. Cela signifie que si vous ne distinguez pas les deux côtés de votre corps (gauche et droite), comment pouvez-vous savoir ce qu’il faut appeler les deux côtés de la salle? Nous apprenons toujours à juger où les choses sont dans l’espace en apprenant d’abord à les relier à nous-mêmes.

Lorsque vous commencez à appliquer les concepts de gauche et de droite dans votre espace visuel externe, vous commencez à apprendre ce qu’est la directionnalité.

Références:

http://www.er.uqam.ca/nobel/r12110/pdf/3-Motricit%E9%20globale%20et%20tonus.pdf
http://www.cheneliere.info/cfiles/complementaire/complementaire_ch/fichiers/didactique/eis/eis03_domaine_motricite_fine.pdf
http://www.visionandlearning.org/visualperception08.html

Vision et problèmes d’apprentissage

PROBLÈMES VISUELS ET PERCEPTUELS LIÉS À L’APPRENTISSAGE SCOLAIRE

La vision est notre sens le plus important: en effet, 80 % de ce que nous apprenons se fait par le biais de nos yeux. Pourtant les gens ont souvent tendance à sous-estimer cet important  système d’information.

Dans bien des cas, les enfants qui ont des problèmes visuels ou dont les habiletés visuelles sont à parfaire, auront des difficultés certaines à bien réussir à l’école.

Malheureusement, on fait trop souvent l’erreur de croire que si l’enfant a une «bonne vision» (c’est-à-dire une acuité visuelle de 20/20 ou 100 %), il n’y a aucune raison de croire que ses problèmes d’apprentissage ont une relation avec ses yeux.

Afin de bien comprendre ce que les optométristes spécialisés en rééducation visuelle entendent par le mot «vision», nous discuterons à nouveau des trois principales composantes de la vision:

LA COMPOSANTE OPTIQUE

Ici, il s’agit de déterminer si l’enfant a un problème de myopie, d’hypermétropie ou d’astigmatisme. Mais on sait que «voir clair ne suffit pas…». Il faut surtout examiner la vision de près. Lorsque les enfants fournissent un effort trop grand à la lecture ou à l’écriture, alors des lunettes de repos (ou de travail) servent à diminuer le stress relié à ces activités.

 LA COMPOSANTE FONCTIONNELLE

Ici, il est question de la focalisation (mise à foyer des yeux), de l’alignement des yeux (sont-ils bien coordonnés?) et enfin des mouvements oculaires (pouvoir bouger ses yeux de façon souple et facile).

Des mouvements oculaires bien coordonnés sont essentiels à une bonne lecture!

La plupart des enfants qui ont des problèmes scolaires montrent des mouvements oculaires inadéquats ainsi que des problèmes de focalisation surtout en vision de près.

Les enfants avec des problèmes d’apprentissage ont souvent de la difficulté à suivre un objet devant leurs yeux et à bouger leurs yeux d’un endroit à un autre. Au lieu de mouvements précis, leurs yeux font des mouvements de saccades avec beaucoup de retards. Ceci fait en sorte que des activités telles que jouer à la balle, faire une ligne droite ou lire une ligne de texte deviennent très difficiles.

  • (Jean Ayres, Sensory Integration and the child)

 LA COMPOSANTE PERCEPTUELLE

Les habiletés perceptuelles sont le raffinement et l’aboutissement des habiletés visuelles: elles englobent la motricité et les habiletés de décodage de l’information visuelle.

Parmi les habiletés perceptuelles qui sont importantes pour bien réussir à l’école, nous retrouvons: la perception de la forme (l’enfant reconnaît-il les formes de base?), la reproduction œil-main (peut-il reproduire avec ses mains, ce qu’il voit avec ses yeux?), la coordination oeil-main, la manipulation visuelle (jouer avec les formes), la visualisation (peut-il se faire une image dans sa tête?), la mémoire visuelle, la mémoire auditive.

Toutes ces habiletés tant visuelles que perceptuelles ont une grande importance pour une réussite adéquate à l’école. Il faut se rappeler que pour l’être humain, la tâche la plus difficile de sa vie est de maîtriser les symboles de sa langue maternelle.

Il faut donc un examen visuel complet ainsi que dans un deuxième temps, une évaluation visuelle, perceptuelle et motrice afin de bien cerner la complexité du problème de l’enfant.

COMMENT Y REMÉDIER?

C’est la question la plus importante. Comme nous l’avons dit, des lunettes de lecture sont parfois nécessaires pour aider l’enfant à composer avec le stress visuel de lecture et d’écriture.

Mais la plupart du temps un traitement de rééducation visuelle sera également nécessaire. La rééducation visuelle se compose d’une série programmée d’activités visant à améliorer les habiletés visuelles et perceptuelles. L’entraînement visuel se compose donc d’activités concernant la motricité globale, la motricité fine, les activités visuomotrices et perceptuelles. Nous aurons l’occasion de reparler de la rééducation visuelle dans un blogue subséquent…

SYMPTÔMES VISUELS RELIÉS AU RENDEMENT SCOLAIRE

Voici une liste non exhaustive de différents symptômes dont les parents nous font souvent part lors d’une consultation. J’ai distingué les symptômes visuels des symptômes liés à la lecture et à l’écriture.

Symptômes visuels

  • Maux de tête
  • Vision embrouillée
  • Vision double
  • Yeux fatigués
  •  Lit de très près
  • Écrit ou dessine de très près
  • Tourne sa tête en lecture ou écriture
  • Mauvaise posture à l’écriture
  • Ferme ou se cache un œil
  • Yeux souvent rouges
  • Cligne beaucoup des yeux
  • Se frotte souvent les yeux
  • Se plaint de ses yeux souvent

Symptômes liés à la lecture/écriture

  • Perd sa place en lecture
  • Doit relire plusieurs fois pour comprendre
  • Comprend mal ce qu’il lit
  • Suit son texte avec un doigt
  • Mélange des lettres ou chiffres
  • Suit son texte avec sa tête
  • Renverse des lettres ou chiffres
  •  Lit à haute voix pour comprendre
  • Lit très lentement
  • Manque d’attention, de concentration
  • Prend bien du temps pour ses devoirs
  • Est souvent dans la lune

Autres symptômes

  • Est plutôt hyperactif
  • Se cogne souvent partout
  • Échappe souvent les choses
  • Problèmes dans la motricité générale
  • Problèmes dans la motricité fine

 L’évaluation visuelle-perceptuelle-motrice (VPM) 

L’examen visuel, visuomoteur et perceptuel pour les enfants qui montrent des problèmes d’apprentissage scolaire se fait généralement en deux temps à notre clinique:

D’abord l’examen des habiletés visuelles, où nous analyserons les facteurs suivants:

  • histoire de cas complète;
  • acuité visuelle en vision de loin et de près;
  • examen de la réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme);
  • coordination des deux yeux;
  • focalisation (mise à foyer)
  • distance de lecture/écriture;
  • mouvements oculaires;
  • test de performance visuelle;
  • vision des profondeurs (stéréoscopie)

Dans un deuxième temps, nous analysons les habiletés perceptuelles:

  • schéma  corporel
  • latéralisation
  • directionnalité graphique et spatiale
  • motricité raffinée
  • coordination visuo-manuelle
  • reproduction visuo-manuelle
  • comparaison visuelle
  • mémoire visuelle
  • mémoire auditive
  • perception de la forme
  • habiletés graphiques
  • organisation de l’espace
  • visualisation
  • attention visuelle 

Suite à l’évaluation visuelle-perceptuelle, un rapport complet sur les données de l’examen sera préparé pour les parents ainsi que pour la personne qui a référé l’enfant.